Directive retour : Honte sur l'Europe !

COMMUNIQUE DE PRESSE 18.06.08

En séance plénière à Strasbourg, les parlementaires européens se sont exprimés sur le projet de directive retour. Ils viennent de l'adopter avec 369 voix pour, 197 contre et 106 abstentions.

À l’instar des directives harmonisant le droit d’asile en Europe, le texte qui était soumis au vote des députés n’avait pas pour vocation d'entériner les meilleures pratiques, mais plutôt de les harmoniser vers le bas et prévoyait donc des dispositions inacceptables.
Qu'il s'agisse de la durée de rétention excessivement longue, de la détention d'enfants en centres fermés, de l'absence d'obligation pour les États d'organiser une assistance juridique gratuite, de la possibilité d'expulser des personnes gravement malades dans des pays où elles seront privées des soins pourtant nécessaires à leur survie, ou encore de l'interdiction de séjour sur le territoire européen de 5 ans pour toutes les personnes qui ont reçu un ordre de quitter le territoire. Pourtant, ce texte ne concerne des personnes qui n’ont commis aucun délit, sinon d’être en situation irrégulière.

Avant les votes, Alain Hutchinson considérait que le risque était beaucoup trop grand de voir se « généraliser un système qui enfermerait par principe les étrangers ».

Au travers d'amendements, la gauche européenne a dès lors tenté une dernière fois de rendre ce texte plus humain et de rappeler et de faire respecter le contenu de la Charte des droits fondamentaux afin d'envisager le retour des illégaux dans une perspective beaucoup plus humaine et, pour autant que ce soit possible, positive.
Tous ces amendements ont été rejeté comme un seul homme par la droite du Parlement donc rappelons le avec le soutien du CDH et du MR ...

Alain Hutchinson a voté contre ce texte qui, avec ou sans ces amendements, s'éloignait beaucoup trop de ce qui est acceptable pour toute personne un tant soit peu attachée au respect des droits les plus fondamentaux.
L'eurodéputé socialiste belge regrette vivement qu'une partie des socialistes européens aient soutenu un texte pareil déforçant ainsi ceux qui se battent pour une politique d'accueil plutôt que de rejet !

Plutôt que de stigmatiser les étrangers par le recours à l’enfermement, nous aurions été bien mieux inspirés de proposer une politique européenne ambitieuse et courageuse, notamment en délivrant aux étrangers des visas permettant des allers-retours entre l’Europe et leur pays d’origine. La rétention aurait par exemple pu être remplacée par une assignation à domicile, une solution tellement moins traumatisante et davantage respectueuse de la dignité des étrangers en situation irrégulière. Des tas de solutions humaines existent pour traiter de la question du retour. Encore fallait-il accepter de considérer une fois pour toutes l'immigration de manière positive.

L'Europe, majoritairement à droite, n'est manifestement pas décidée à le faire.