COMMUNIQUE DE PRESSE 16.10.08
Cette année, c'est en pleine crise financière et alimentaire mondiale que se déroule la journée mondiale pour l'alimentation. Plus que jamais, cette journée sera l'occasion de saisir l'ampleur de la faim dans le monde. Plus que jamais aussi, il faut que cette journée permette de réveiller les consciences en suscitant une réflexion profonde sur les priorités que nous nous fixons et les actes que nous posons.
En seulement quelques jours, les gouvernements européens ont réussi à trouver 1800 milliards d'euros pour répondre à la crise financière que nous traversons. 1800 milliards, c'est plus d'argent que ce que la communauté internationale est jamais parvenue à réunir pour financer l'aide au développement nécessaire pour sortir les pays pauvres de la misère. Dans un tel contexte, il serait inconcevable que le Conseil des Ministres européens ait la moindre hésitation à utiliser le solde des budgets engagés au titre de la PAC pour soutenir les pays pauvres et y relancer la culture vivrière.
En pleine crise alimentaire et au moment où l'économie de marché montre ses limites, on constate que les matières premières agricoles continuent de faire l'objet d'une spéculation scandaleuse. C'est inacceptable comme il serait inacceptable de ne pas retirer les aliments de base de tout accord de partenariat économique qui serait signé entre la Commission européenne et un ou plusieurs pays ACP. La priorité est à l'humanitaire et au développement, pas au commerce.
Plus que jamais enfin, il faut que la Commission européenne mette tout en œuvre pour soutenir le développement durable de l'agriculture des pays ACP. Pour y parvenir elle dispose notamment du fonds européen pour le développement. En 2010, l'affectation des montants de ce fonds par les pays bénéficiaires fera l'objet d'une revue à mi-parcours. À cette occasion, même si elle persiste à se défendre hypocritement du pouvoir qu'on lui prête, il faudra que la Commission use de son influence pour que les pays ACP utilisent prioritairement ces fonds au service du développement de leur agriculture et donc de la sécurité alimentaire de leurs populations.
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