Résolution du Parlement européen sur la situation au Zimbabwe

COMMUNIQUE DE PRESSE 10.07.08

Dans une résolution adoptée hier sur la situation au Zimbabwe, le Parlement européen souligne qu'il ne reconnait aucune légitimité au nouveau pouvoir en place. Alain Hutchinson revient sur le contenu de cette résolution qui porte l'emprunte des socialistes qui en appellent prioritairement au rétablissement de l'espace humanitaire en faveur d'une population à l'agonie.

La FAO estime que 5 millions de Zimbabwéens risquent de souffrir gravement de la faim d'ici le début de l'année 2009 et on sait par ailleurs qu'un tiers de la population du Zimbabwe ne survit déjà que grâce à l'aide internationale. Il était dès lors absolument indispensable que le Parlement européen demande à la Commission européenne, au Conseil, à chaque État membre et à l'ensemble de la communauté internationale d'exercer une pression maximale sur les autorités zimbabwéennes pour qu'elles permettent l'ouverture complète de l'accès des humanitaires et de l'aide internationale aux populations les plus fragilisées. Pour Alain Hutchinson, nous ne saurions insister suffisamment sur ce point, la position actuelle de Mugabe étant tout simplement criminelle.

Dans le même esprit, si les socialistes européens ont insisté pour que le Parlement européen demande à l'Union et à la communauté internationale de prendre des sanctions fortes à l'égard du Zimbabwe, ils ont aussi insisté pour qu'elles ne nuisent pas à la population en étant ciblées vers les membres du régime responsables des atteintes portées aux droits de l'homme et de la terreur qui règne actuellement au Zimbabwe.

Les socialistes encouragent aussi bien sûr les structures régionales comme la SADC et l'Union africaine à prendre le leadership dans la construction d'une résolution démocratique et rapide de la crise actuelle, en entamant notamment un processus de médiation avec un calendrier précis de négociations susceptibles d'aboutir à la tenue d'élections libres et démocratiques. Même s'il regrette que le voisin sud africain soit parvenu à empêcher que le Conseil de sécurité des Nations Unies conteste la légitimité du résultat de ces élections, Alain Hutchinson a également insisté pour que le Parlement se prononce en faveur de l'envoi au Zimbabwe ou dans la région, d'un représentant spécial du secrétariat des Nations Unies pour faire rapport sur la situation humanitaire, des droits de l'homme et de la sécurité et soutenir l'effort régional de médiation. À cet égard, il a d'ailleurs rappelé en séance plénière que quelles que soient les solutions proposées par les divers négociateurs, il faudra veiller à ce qu'elles reflètent au près les souhaits de la population zimbabwéenne que seul Morgan Tsvangirai est aujourd'hui en mesure de représenter avec le plus de légitimité.

Pour ce qui concerne les 200.000 zimbabwéens déplacés, la résolution demande également au voisin sud africain et au Président Mbeki en particulier, de faire preuve de responsabilité en cessant de renvoyer chez eux les réfugiés zimbabwéens venus trouver refuge en Afrique du Sud. En séance plénière Alain Hutchinson s'est montré plus clair en soulignant que Mbeki ne pouvait pas ignorer qu'en soutenant Mugabe comme il le fait, il devenait le complice des exactions qu'il commet.

La résolution